Affichage des articles dont le libellé est Devan Dubnyk. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Devan Dubnyk. Afficher tous les articles

mardi 7 avril 2015

PLUSIEURS CAREY PRICE, UN SEUL ALEX OVECHKIN !


Il est bien loin le temps où l'offensive était à l'honneur dans la Ligue Nationale de hockey.  Cette belle époque remonte aux années 1980, quand les Oilers d'Edmonton, menés à l'attaque par le surdoué Wayne Gretzky, collectionnaient les Coupes Stanley.  J'étais jeune, et comme la grande majorité des garçons canadiens de mon âge, je jouais au hockey-bottines dans la rue.  Notre sport national était alors un jeu plaisant et excitant.  On s'amusait ferme en le pratiquant, et l'objectif du jeu c'était de marquer des buts, en se prenant pour nos idoles : les Gretzky, Mario Lemieux, Paul Coffey ou Michel Goulet.  Tous des joueurs formidables qui remplissaient les buts et accumulaient des tonnes de points.

Puis vinrent les années 1990 et la domination des Devils du New Jersey, avec leur fameuse "trappe", élément clé d'un système de jeu défensif étanche, qui visait avant tout à empêcher les clubs adverses de compter.  Le hockey devint alors l'affaire des spécialistes défensifs qui n'avaient même plus à se soucier de marquer des buts eux-mêmes (comme le rappelait encore hier Devante Smith-Pelley, après avoir enfin marqué son premier but avec le Cacanadien).  Le hockey est devenu un jeu de robots ou d'échec, où le positionnement est primordial afin d'enlever espace et temps aux opposants, pour qu'ils ne puissent pas manoeuvrer et avoir l'opportunité de créer des ouvertures pour passer efficacement à l'offensive.  Pris dans cet étoc, surtout en zone neutre, les attaquants ne font plus que "dumper" la rondelle en fond de territoire ennemi, en s'efforçant ensuite de la récupérer en mettant de la pression sur les défenseurs adverses.  Tant et tellement que, (en séries éliminatoires, c'est encore pire), le hockey ressemble de plus en plus au soccer, avec des matchs ennuyants se terminant 1-0 ou 2-1.

Pekka Rinne, des Predators de Nashville
Mais, outre l'avènement de ce type de hockey étouffoir, c'est le perfectionnement technique des gardiens de buts qui a le plus marqué l'évolution de la "game" au cours des dernières décennies.  De nos jours, le cerbère typique est un grand bonhomme costaud (plus de six pieds, trois pouces) qui bouche, avec l'aide de son lourd équipement, une partie considérable de l'entrée de son filet.  Bien entraîné par un coach spécialisé, il est ultra-habile pour bien couvrir tous les angles de tirs, et il possède une rapidité extraordinaire dans ses déplacements latéraux, calculés à point.  Sa technique, ses réflexes bien aiguisés, et sa lecture du jeu lui permettent également d'anticiper ce qui se produira devant lui.  Bref, la formation qu'il reçoit, sa maîtrise technique, et ses qualités athlétiques, font qu'il est très difficile à déjouer.  Les seules façons de le battre, c'est en lui obstruant la vue, en se mettant dans ses jambes, ou en exécutant des jeux ou des lancers parfaits.  Dans ces derniers cas, à cause, entre autres choses, de la dilution du talent dans un trop grand nombre d'équipes, il n'y a pas beaucoup de joueurs capables d'atteindre un niveau d'excellence leur permettant de marquer des buts à profusion, comme dans le bon vieux temps.

Tout ce préambule me sert à vous parler de la grande question qui se pose présentement chez les amateurs et les commentateurs de hockey, à la fin de cette autre saison régulière de la NHL.  Qui est le meilleur joueur cette année ?  À Haïti-Nord, aussi appelé Montréal, les langues brunes des journaliCHe-culs, vendus au Cacanadien, se font aller allègrement depuis déjà plusieurs semaines en menant une cabale pour couronner Scary Price comme gagnant du trophée Hart, qui sera remis au joueur le plus utile de son équipe.  C'est bien certain que, étant donné qu'il joue pour un club aussi poche, Price a beaucoup de mérite pour avoir sauvé l'honneur de sa bande d'incapables et les avoir conduits en séries éliminatoires.  Mais, contrairement à ce que pensent les journalistes prostitués qui ne jurent que par le CHicolore, Price n'est pas seul dans la course au Hart ou au trophée Vézina (remis au meilleur gardien).  Il est vrai que les scribes de la métropauvre, adorateurs de la Sainte Guenille, en bons propagandistes qu'ils sont, ne font que répéter la récente déclaration de "leur" directeur-général, Symphorien Bergevin, selon laquelle Price est le meilleur joueur au monde !  Rien de moins !  Ce ne sont pas les mange-marde du Cacanadien, (qui polluent les journaux et les ondes des médias électroniques), ni les fefans bipolaires, qui vont le contredire !


Une déclaration aussi peu objective (Bergevin est chauvin et prêche pour sa paroisse; il ne voit pas assez souvent évoluer les joueurs des équipes de la Conférence de l'Ouest pour se faire une idée juste de leur valeur), nous amène à nuancer son affirmation trop catégorique.  C'est nécessaire car les petits moutons suiveux et bêtes, que sont les scribouilleurs de la presse moronréalaise, ainsi que les fefans sclérosés qui sévissent sur les lignes ouvertes des "Fun" Fournier de ce monde, ne s'embarrassent pas de telles analyses relativisant l'importance et le brio du numéro 31 de la CHnoutte.  Des Carey Price, il y en a au moins une dizaine dans la LNH.  D'accord, Scary a été plus constant et solide cette année.  Il est premier dans la plupart des catégories de statistiques qui servent à évaluer les gardiens.  Mais il est suivi de très près par plusieurs de ses homonymes qui, contrairement à lui, n'ont pas la chance de jouer dans un club axé complètement sur la défensive (neuf des quinze meilleures défensives de la Ligue appartiennent à des formations de la Conférence de l'Est; idem pour les unités spéciales en désavantage numérique -penalty killing-).

Par exemples, les gardiens Pekka Rinne (Nashville) et Devan Dubnyk (Minnesota) ont des statistiques semblables à celles de Scary, mais ils exercent leur métier dans l'Ouest, là où le jeu est plus ouvert, là où il y a de meilleures offensives et où le calendrier est plus éreintant (longs voyages) que dans l'Est.  Même de ce côté-ci du continent, beaucoup de gardiens ont connu de longues périodes de succès, comme Price.  Andrew Hammond (Ottawa) est présentement dans une telle zone de quasi-invincibilité (moyenne et % d'arrêts meilleurs que Price).  Steve Mason (Flyers), Cam Talbot (Rangers), Braden Holtby (Capitals) et le géant Ben Bishop (l'as gardien du Lightning, que les Cannes à CHiens sont incapables de vaincre), et quelques autres défenseurs du filet, ont brillé et ont connu de longues et remarquables périodes de force.

On se souviendra aussi que des gardiens, sortis de nulle part (comme Michael Leighton, des Flyers, qui a éliminé le torCHon, il y a quelques années, en finale de Conférence), ont atteint le sommet de leur art, quand ils ont réuni les conditions gagnantes (athlétiques, mentales, techniques) sans être pourtant les plus talentueux du monde.  Un tel accomplissement est possible pour un plus grand nombre de gardiens qu'avant, à cause de l'évolution des méthodes d'entraînement et du plus gros gabarit de ces gars-là.

Devan Dubnyk du Wild du Minnesota
Des Carey Price, il y en a aussi plusieurs sur la glace, avec lui.  En ce sens que plusieurs de ses coéquipiers deviennent souvent des gardiens devant lui.  Ils se jettent sur la patinoire pour bloquer un nombre hallucinant de tirs.  Les CHaudrons occupent le 3e rang de la Ligue au chapitre des lancers bloqués par des joueurs autres que les gardiens (1 382).  Ça frise le ridicule.  Tellement que bien des observateurs croient que les autorités du circuit Bettman devraient faire quelque chose pour enrayer ou diminuer cette pratique exagérée qui nuit au sport et au spectacle offert par des attaquants de plus en plus désavantagés par rapport aux tactiques défensives.  Pour ma part, je donnerais un deux minutes de punition à un joueur qui se couche de tout son long, directement devant un adversaire, et qui stoppe sa passe ou son lancer au but (en zone défensive du joueur fautif).  Du moins, on devrait punir un patineur qui se transforme en gardien en se couchant sur la glace et en arrêtant ainsi un lancer, à l'embouchure du filet de son club.  Les autres façons de bloquer "légalement" des tirs seraient toujours permises.

S'il y a plusieurs Carey Price, il n'y a qu'un seul Alex Ovechkin.  S'il est relativement facile d'apprendre à jouer défensivement, et s'il est de plus en plus courant de maîtriser l'art de garder les buts, c'est de plus en plus rare de pouvoir marquer des buts à profusion.  Ça ne s'enseigne pas vraiment.  Ça relève plus du talent naturel, même si on peut développer celui-ci avec beaucoup de pratique.  Contrairement à Price, Ovechkin est vraiment dominant dans son domaine.  Avec 52 buts, contre 42 pour ses plus proches concurrents, il affiche donc une avance de 24% sur eux.  Il sera le seul marqueur de plus de 50 buts cette saison.  Ce qui est tout à fait exceptionnel dans une Ligue dans laquelle il est devenu si difficile d'enregistrer des buts.  Le meilleur pointeur de la Ligue, cette année, n'aura amassé qu'un peu plus que 80 points.  L'an dernier c'était plus de 100 (Crosby).  Il n'y a pas si longtemps, des marqueurs de 50 ou 60 points se situaient dans la moyenne, ou en-dessous de celle-ci.  Plus aujourd'hui...  Le fefans bipolaires capotent quand un de leurs héros CHicolores atteint le plateau des 20 buts !  Ah !  Comme les temps ont changé !  



Voilà pourquoi "Ovi" devrait être considéré le meilleur joueur au monde.  Il est unique et dans une classe à part, dans le hockey de "grinders" d'aujourd'hui.