Comme le dit si bien le légendaire coach des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Bill Belichick : «Ce n'est pas la meilleure équipe qui gagne, c'est celle qui joue le mieux». Jouer mieux, ou jouer de la bonne façon pour vaincre l'adversaire : c'est le tour de force qu'a réussi le torCHon de Mourial, en première ronde des éliminatoires de la Coupe Stanley, contre les Maple Leafs de Toronto. Il faut dire que ces derniers leur ont facilité la tâche en ne jouant pas leur meilleur hockey, et en ne sachant pas s'ajuster pour contrer la stratégie adverse.
En général, Toronto a eu le dessus sur les CHieux. Quelques erreurs leur ont toutefois coûté la série. Le deux contre zéro (but de Suzuki avec l'aide de Caufield), en prolongation, dans le match 5, est impardonnable. Le manque d'opportunisme en prolongation, dans le match 6, alors qu'ils ont dominé totalement le jeu, fut également un fait saillant. Le duo Marner-Matthews n'a pas livré la marchandise.
En examinant les statistiques de la série, aucune ne révèle la supériorité du torCHon, sauf une. Devant les filets, Campbell a maintenu une moyenne de buts alloués de 1,81 contre 2,24 pour Price. Le pourcentage d'arrêt est presque identique (.934 pour Campbell et .932 pour Scarey). Au classement des gardiens en éliminatoires, Campbell est 4e et Scarey 8e.
Non. La seule catégorie où le Caca a dominé c'est celle qui normalement cause leur perte : les mises en échec (294 contre 204 = + 44% en faveur des Canailliens). C'était la clef du succès pour Mourial, comme le coach CHicolore Dumb Ducharme l'avait dit avant la série. Être dans la face des Leafs. Les frapper, les ralentir, les priver de temps et d'espace pour les empêcher de profiter leur supériorité en talent.
Un peu comme l'été passé. Les CHieux ont vaincu Pittsburgh et leur talentueux duo Crosby-Malkin. Les Penguins pensaient peut-être que leur supériorité en attaque les conduirait facilement vers la victoire. Ils se sont fait surprendre par l'acharnement défensif du Caca.
Mais les Cannes à CHiens n'ont pas eu la même chance contre Philadelphie dans la série suivante. Les Flyers ont eu le meilleur avec la stratégie du marteau attendrisseur de viande. Les CHieux ont été martelés de toutes parts. Ainsi "attendris" comme de juteux steaks, ils ont été plus faciles à cuire, pour être ensuite dévorés à belles dents par leurs coriaces dépeceurs.
Un peu aussi comme les Buccaneers de Tampa Bay dans le dernier Super Bowl. Les Chiefs de Kansas City, et leur super quart-arrière Patrick Mahomes, étaient supérieurs en attaque, mais la défensive des Bucs a gagné la guerre des tranchées pour renverser les champions de l'année précédente, qui étaient largement favoris pour répéter leurs exploits. Après la partie, Mahomes, le corps meurtris par l'avalanche de coups qu'il avait reçus, a avoué qu'il n'avait jamais mangé une telle volée.
Ce fut presque du copier-coller pour les CHaudrons contre le super trio de Auston Matthews, presque complètement neutralisé. Même les petits schtroumfs de la CHiasse ont appliqué le plan de match anti-hockey de leur entraîneur en frappant rondement les porte-couleurs de la Ville-Reine.
Mais ce qui saute aux yeux c'est surtout le nombre de "hits" donnés par les défenseurs du bleu, blanc, merde, comparé à celui des défenseurs des Leafs. C'est un facteur-clé en zone défensive pour maîtriser les attaquants adverses, les fatiguer, les frustrer, les empêcher de saisir les retours de lancers; et pour protéger votre gardien des buts.
On ne comptabilise pas toutes les mises en échec. Ce ne sont pas toujours de francs coups sur les opposants qui peuvent compter pour un "body check". Un coup de bâton, un coup de poing, un "face wash", un coup de pied, ne se retrouvera pas dans les statistiques des mises en échec. Mais c'est un coup quand même et ça "magane" l'ennemi.
Petry (26 hits, le même nombre que Josh Anderson, et deux de plus que Armia), Edmundson (21), Weber (21), Chiarot (19) ont fait mal aux joueurs de Toronto. Voyez la différence chez les défenseurs des Leafs : Muzzin (16), Rielly (7), Bogosian (7), Brodie (5), Sandin (2). C'est le cas de le dire : une différence frappante ! Dans une guerre d'usure, comme c'est souvent le cas en éliminatoires, c'est important !
On parle beaucoup du coup de genou (accidentel) de Corey Perry, qui a sorti de la série le capitaine John Tavares, dès le début du premier match. Mais c'est la rude mise en échec de Chiarot qui a renversé Tavares et qui a provoqué l'accident avec Perry. La perte de Tavares a été très coûteuse pour son équipe. Dans des affrontements aussi serrés, il aurait pu faire la différence en faveur des siens. C'est dire comment une grosse mise en échec peut parfois changer le cours de toute une série...
Les CHieux n'auront pas le même loisir contre leurs prochains rivaux : les Jets de Winnipeg. Ceux-ci n'ont fait qu'une bouchée de la dangereuse attaque des Oilers d'Edmonton (menée par un certain Connor McDavid) qu'ils ont balayés en quatre matchs. Les Jets ont un club plus lourd que Toronto. Ils adorent frapper leurs rivaux.
Au chapitre des mises en échec, dans ces quatre affrontements contre les Oilers, les joueurs d'avant Adam Lowry (24), Mathieu Perreault (18), Trevor Lewis (17), et Blake Wheeler (15) se sont distingués. Les défenseurs non plus n'ont pas donné leur place dans ce domaine : Neal Pionk (17), Josh Morrissey (16), Derek Forbort (14) et Logan Stanley (13) n'ont pas ménagé leurs adversaires.
Les Canailliens sont épuisés après leur dure série de sept parties contre Toronto. Il n'auront aucun repos d'ici le début de leur série, demain, à Winnipeg. Les Jets seront en santé, frais et dispos puisqu'ils n'ont pas joué depuis le 24 mai. Et ils peuvent compter sur le meilleur gardien de buts en séries éliminatoires : Connor Hellebuyck (% d'arrêts de .950 et moyenne de buts alloués de 1,60).
C'est important que les Jets gagnent la première rencontre, tout en achevant physiquement les CHieux, déjà hypothéqués par leur longue et épuisante série contre les Leafs.















